Le mot du Recteur, janvier 2016

Par quels vœux inaugurer cette nouvelle année ? La mémoire collective est lourde pour 2015 : les attentats de Parisen janvier et novembre nous ont glacés, sans oublier tant d‘autres sur la planète, et l’atmosphère est devenue pesante, craintive d’une menace diffuse. Les mesures de sécurité à Saint-Louis comme autour des églises et des écoles françaises sont ambivalentes, car elles sécurisentmais signalent en même temps que la menace existe. Il y a aussi toutes les difficultés que connaissent les diverses parties du monde, et qui nous parviennent avec les chrétiens de partout venus en pèlerinage dans la Ville.

C’est le temps de réagir, et de ne pas nous laisser aller à la morosité. Et d’abord de ne pas succomber à la peur qui nous recroquevillerait, et surtout serait la victoire d’une logique de terreur. Le principal est de ne pas oublier que nous vivons une époque extraordinaire : celle d’une mutation rapide, certes non sans douleurs d’enfantement, de l’état du monde, globalisé et interactif, qui ne peut plus nous laisser ignorer que « tout se tient », comme le répète à l’envi l’Encyclique Laudatosì ; mutation qu’accompagne l’Eglise au plus près avec une suite de pontificats extraordinaires depuis le Concile.

Plus concrètement, notre année pastorale de 2015-2016 a commencé par un trimestre plein d’événements passionnants et heureux. Le mois d’octobre a été marqué par le Synode sur la famille, reprenant des questions difficiles après tout un parcours : une consultation du peuple de Dieu, une première session où la parole des églises locales a pu s’exprimer, quitte à paraître foisonner à ceux qui n’en avaient plus l’habitude, puis cette seconde session, où pour ma part je retrouvais, sur un espace de temps dont la brièveté appelle des suites, l’esprit de Vatican II : annoncer sans peur la Bonne Nouvelle du Ressuscité au monde de ce temps, en traitant des questions dont les problématiques sont complexes et en évolution constante, et qu’il s’agit d’éclairer avec « la joie de l’Evangile ». En novembre il y a eu la canonisation, avec d’autres saints, des époux Martin, les parents de sainte Thérèse. La ferveur et le nombre des pèlerins, la veille dans Saint-Louis, faisait plaisir à voir.

Et puis, depuis le 8 décembre, nous voilà entrés dans l’année du Jubilé de la Miséricorde. Pour bénéficier de l’initiative de la Communauté des Prêtres de Saint-Louis d’assurer chaque jeudi une Veillée de la Miséricorde, à partir de 20h30, les inscriptions se font nombreuses pour février, mars, avril et jusqu’en juin. C’est une veillée de prière, articulée autour de trois pôles, que l’église Saint-Louis elle-même permet de donner à voir quasiment physiquement : centralement, prière et adoration eucharistique, avec des textes spirituels et des chants ; une contemplation des tableaux des Caravage, après visionnement d’un très beau montage qui insiste sur la Miséricorde (l’une des clés de ces tableaux, comme le notent des paroles et textes du pape François) ; enfin, dans les chapelles latérales, la possibilité de recevoir le sacrement de la Réconciliation auprès des prêtres là disponibles.

Alors, quels vœux pour vous tous ? Une belle, féconde et paisible Nouvelle Année 2016 ! qui soit une année d’espérance, une espérance solide parce que fondée sur la présence de l’Emmanuel, Dieu-avec-nous, une espérance pour tous, de notre prochain aux frères les plus lointains, pas seulement géographiquement mais aussi spirituellement. Une année de ferveur pour ressusciter avec le Seigneur. Bonne Année nouvelle !

François Bousquet

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