Frères et sœurs,

Les textes de la Parole de Dieu lus ce dimanche demandent toute notre attention, pour bien comprendre ce qu’ils nous disent, et ensuite pour en vivre.
– Un texte de Zacharie, qui est l’exultation de Jérusalem pour l’entrée de son Roi, humble et pacifique.
– Un texte de Paul aux Romains qui nous dit de vivre sous l’emprise de l’Esprit et non de la chair.
– Un texte de l’évangile selon Matthieu enfin, lui-même fait de trois morceaux : la Révélation de soi que dieu fait aux petits ; le mystère de Dieu dans les profondeurs de ce qui se passe entre le Père et le Fils ; enfin le fardeau, léger, que porte le disciple de Celui qui est doux et humble de cœur.

Qu’en tirer pour notre foi, notre espérance, notre vie ?

La foi voit au-delà de l’immédiat, nous enseigne le texte de Zacharie. Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. Nous savons que c’est à partir de cette prophétie que les disciples ont interprété l’entrée de Jésus à Jérusalem avant sa passion, précisément ce dont nous nous souvenons le dimanche des Rameaux. Cela a déjà eu lieu. Oui, mais ce n’est pas encore terminé : ce roi fera disparaître d’Ephraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat. Il brisera l’arc de guerre et il proclamera la paix aux nations.
Zacharie nous présente en fin de compte un roi qui abandonne le messianisme politique et triomphaliste pour se présenter comme un modèle d’humilité et de don. Ce texte revêt donc une implication politique importante car elle est celle d’une invitation au désarmement et à la paix universelle : ce roi fera disparaître les chars de guerre […] l’arc de guerre sera brisé […] il annoncera la paix aux nations.
À cette invitation, capable d’accompagner et d’éclairer chaque étape difficile et lente de notre progression dans l’histoire, répond le Psaume que nous avons ensemble partagé : Le Seigneur est vrai en tout ce qu’il dit, fidèle en tout ce qu’il fait. Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés.

La réalité de l’espérance, elle est déjà, et elle n’est pas encore. Elle se vit dans la foi, qui ne s’arrête pas à l’immédiat ; et la foi voit, au-delà du malheur, à quel point Dieu lui-même, en la personne de son Fils, s’est lié à ce que nous sommes appelés à devenir.
Le suivre et l’imiter, lui, ce Roi sans armures et sans cheval de guerre ; vivre selon son Esprit de paix, certains d’une chose : Dieu – tient – à – nous.
Comme nous le rappelle le texte de Paul aux Romains, nous devons nous alimenter de cette « espérance désarmée ». Pas n’importe quelle espérance. Elle n’est pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, et a pour seul fondement la résurrection de Jésus au cœur de notre foi.
Le diagnostic de Paul est clair et exigeant : si vous vivez sous l’emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les désordres de l’homme pécheur, vous vivrez.
Comme cela est actuel ! Quand Paul écrit : nous avons une dette, mais ce n’est pas envers la chair, comment ne pas penser à tous ces soucis mondains ; au désir de posséder toujours plus alors que le temps qui reste raccourcit : bref, à tous ces comportements angoissés d’une culture qui ne connait qu’un brin d’espoir à court terme et ne connait pas l’espérance.
En ces temps où nous pourrions nous sentir fatigués ou opprimés – particulièrement après les séquelles de la récente pandémie –, nous ne devons pas hésiter à nous emparer de ce que nous propose de méditer l’Eucharistie d’aujourd’hui :
– Avec l’humilité du cœur et douceur : regarder au-delà de l’immédiat.
– Avec l’ouverture à l’aide de l’Esprit : accepter le défi de porter nos fardeaux et apaiser nos cœurs dans le Cœur de Jésus ;
– Avec Jésus : accueillir nos limites dans cette relation de confiance filiale et d’amour qui, seule, fait de nous les disciples de Celui que nous appelons aussi « Père ».

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