Rome, Saint-Louis des Français, Dimanche 17 mai 2020. 6edimanche de Pâques (Année A).

Homélie de Mgr Bousquet. Textes : Act 8, 5-8.14-17 ; 1P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21

 

Trois idées-force, une seule par texte, pour notre méditation, et notre « édification » au sens propre, pour continuer de nous construire dans la foi.

 

J’ai toujours trouvé étrange le récit d’Actes 8. Comment cela, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux ; ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus  ? N’importe quel théologien en herbe sait qu’on ne peut pas plus séparer le Christ de l’Esprit que Pâques de Pentecôte. Mais si l’on écoute bien, le récit qui nous est fait n’a pas l’intention de séparer le Christ et l’Esprit. Il souligne simplement qu’au-delà de l’Ascension, donc pour nous comme pour les Apôtres, il y a besoin corporellement et spirituellement des envoyés qui imposent les mains, et de l’Eglise, qui précisément par la grâce du Ressuscité est le Temple de l’Esprit. Quel appel et quelle exigence pour chacun et pour tous ceux qui ont reçu le baptême, de signifier en corps et en visibilité l’Esprit du Père et du Fils, pour la transfiguration du monde. C’est pour tous, pour le cœur de chacun de nous, quand on voit que même les Samaritains sont touchés et guéris. La Bonne Nouvelle, l’Evangile, est celle du salut pour tous en Jésus-Christ, tandis que son Esprit a besoin de nos mains et de notre cœur pour rejoindre ceux qui ont vu les merveilles qu’il opère…

 

Dans la Première épître de Pierre, je retiens cette phrase, si souvent déployée aux étudiants : soyez toujours prêts à rendre raison de l’espérance qui est en vous. (Avec le mot logos.) Mais ce n’est pas une phrase pour étudiants, c’est une phrase pour chrétien en construction. Pas seulement pour dire que notre espérance n’est pas irrationnelle, une sorte de méthode Coué pour faibles d’esprit. C’est bien de l’espérance qu’il s’agit, la plus vulnérable et la plus solide des forces dont nous pouvons disposer. En raison de quoi l’espérance ? Parce que Jésus. La fin de notre texte du jour le dit :il a été mis à mort dans la chair, vivifié par l’Esprit. C’est compact. Mais il en ressort que notre espérance, malgré le mal, la souffrance et la mort, s’abreuve à la source de la Résurrection, l’Esprit, l’Esprit d’amour mutuel du Père et du Fils, une vie qu’il nous partage, et qui en nous combat le mal, la mort, et surtout ce péché qu’est la désespérance. Le désespoir est le péché.

 

La parole de Jésus, enfin, au chapitre 14 de Jean, doit s’imprimer en nos âmes, comme le ciment qui lie, qui harmonise, qui fortifie ce que nous sommes, tout ce que nous pouvons donner. Le Défenseur qui sera toujours avec nous, c’est l’Esprit de vérité. Où l’on voit que la Vérité n’est pas ce qui nous donne raison, mais ce qui nous juge. C’est en gardant les commandements que nous vivrons en vérité, unissant d’un même geste l’amour de Dieu et l’amour des autres. C’est en nous unifiant ainsi que nous comprendrons que le Seigneur ne nous laisse pas orphelins.

 

Le bond de la foi est pour nous possible en nous appuyant sur ce sol consistant, résistant, le triple point d’appui que nous indique la Parole de Dieu aujourd’hui :

Prêtons nos mains (n’oublions pas les mains !) comme nos cœurs à l’œuvre de l’Esprit

Notre espérance est bien fondée, parce que Jésus, parce que le Ressuscité.

La vérité qui nous conduit au salut, c’est d’aimer d’un même Souffle  Dieu et les frères en gardant les commandements.

Amen.

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