* * *

Frères et Sœurs,

La liturgie du temps de l’Avent nous a préparés à accueillir dimanche après dimanche, la venue du Fils de Dieu en notre chair.

Nous avons écouté la voix de l’ange : « Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David ». (Luc 2,10)

Oui, à Noël, le Fils de Dieu entre dans le cours du temps et devient l’un d’entre nous : « L’Emmanuel », Dieu avec nous.

Depuis cette nuit de Bethléem, l’Amour est entré dans le monde. Dieu aime tellement l’humanité qu’Il lui donne son Fils.

Les premiers prévenus de cet évènement prodigieux sont les bergers. 

A leur suite depuis  plus de deux mille ans les croyants se rassemblent autour de la crèche pour y contempler l’Enfant Jésus, et entendre comme eux le chant des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes, car Dieu les aime !» (Luc 2,14)

2

La fête de la nativité du Seigneur nous pousse à chanter la gloire de Dieu et à nous laisser envahir par la joie et la paix.

Cette paix que connaîtra le Christ de sa naissance au soir du Jeudi Saint, c’est cette même paix que Jésus promet :   « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jn 14,27)                                         

Le Christ nous offre la chance de créer avec Lui                                             un monde de paix qui sera le nôtre en même temps que le sien.

« Joie et Paix sur la terre » en chacun de nous, par chacun de nous, et nous savons que ce chemin exigeant est celui du bonheur.

Mais le Christ nous a aussi prévenus que le disciple n’est pas au dessus du Maître ! Il nous aide à porter nos croix et nous soutient par les dons de l’Esprit Saint de lumière et de force.

Frères et Sœurs,

« Le Christ est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance. » (Jn10, 10)

Cette Vie qui nous est promise  passe par la conversion de notre cœur qui implique le pardon des offenses, celles que nous avons faites à Dieu et à nos frères.

3

Rappelons-nous ces paroles de Jésus dans l’Evangile de Saint Mathieu : « Si tu viens présenter ton offrande à Dieu et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord faire la paix avec ton frère ; puis reviens et présente ton offrande à Dieu. » (Mat 5, 23-24)  

Profitons de cette fête de Noël pour reconnaître avec qui nous devons nous réconcilier, et prenons nos dispositions pour cela, parmi celles-ci se confesser est toujours bénéfique pour rencontrer l’Amour miséricordieux du Christ qui par le ministère du prêtre nous pardonne nos péchés, nous relève et nous sauve.

Dans son Encyclique « Fratelli Tutti » du 3 octobre dernier sur la Fraternité et l’Amitié Sociale, le Pape François  dit que : « Le pardon libre et sincère est une grandeur qui reflète l’immensité du pardon divin. Si le pardon est gratuit, dit-il, alors on peut pardonner même à quelqu’un qui résiste au repentir et qui est incapable de demander pardon. » N° 250

A travers le pardon se réalise la réconciliation dont le fruit est la paix. Ainsi nous apportons notre pierre à l’édification de l’unité du Corps du Christ qu’est l’Eglise.

4

Saint Augustin disait : « Aime et dis-le par ta vie. »

Ce qui est le plus saisissant dans l’Evangile c’est le pardon : le pardon que Dieu nous donne, et celui que nous donnons aux autres. Par son amour et par son pardon, Dieu vient guérir ce qui a blessé notre cœur parfois depuis l’enfance. 

Frères et Sœurs,

Depuis bientôt un an la pandémie nous fait toucher du doigt combien nous sommes tous solidaires dans notre fragilité et dans notre vulnérabilité face au coronavirus.

Contempler la crèche de Bethléem avec Marie et Joseph, et voir les conditions de grande précarité qui furent celles de la naissance du Christ, nous permet d’affronter avec plus de sérénité et de confiance les épreuves présentes aussi lourdes soient-elles !

Si nous croyons réellement que l’Incarnation du Fils de Dieu inaugure un vrai monde nouveau, alors, le  rappel annuel de la naissance du Christ à Noël est pour chacun d’entre nous un nouveau commencement.

Notre monde sécularisé s’est laissé séduire par les sirènes du matérialisme. Il s’en est suivi que Noël est devenu au fil des années, une fête commerciale. Il nous faut revenir à ce qu’est vraiment Noël !

5

Le monde attend notre témoignage de joie et d’Espérance.

Rappelons-nous et appuyons-nous sur les grandes figures de Saints qui ont donné la culture et façonné la civilisation de nos pays d’Europe.

Parmi eux : Saint Benoît et Saint François en Italie,

Saint Jean de la Croix et Sainte Thérèse d’Avila en Espagne,

Saint Martin de Tours, Saint François de Sales et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en France,

Saint Willibrord aux Pays Bas,

Saint Damien en Belgique,

Ou encore, – Saint Nicolas de Flue en Suisse.

Avec la grâce de Dieu il nous faut suivre leur exemple  pour apporter à nos contemporains ce supplément d’âme qui donne pleinement son sens à la vie.

A Noël, la lumière qui jaillit des ténèbres et de l’attente du monde par la naissance du Christ, trouve toute sa luminosité, toute sa densité, dans la nuit de Pâques où Celui qui est vainqueur du mal et de la mort, devient  notre Rédempteur et notre Sauveur.

6

Frères et Sœurs,

Le Christ que nous célébrons à Noël est Celui qui vient à nous à chaque messe.

Il reviendra au terme de l’histoire de ce monde ; et chacun de nous est appelé à Le rencontrer au terme de sa vie. « Celui qui mange ce pain vivra pour toujours », dit Jésus. (Jn 6, 51)

Et lorsque le Christ reviendra dans sa gloire, alors, comme un peuple immense enfin réconcilié, nous ressusciterons à la ressemblance de ce Corps dont l’Eucharistie nous nourrit. Et nous serons établis à jamais dans la joie de Dieu.  AMEN          

* * *

© 2020 Saint Louis des Français | Made by Communauté Saint-Louis-des-Français