Homélie du 11 novembre 2021 donnée par Mgr Laurent Breguet, Recteur de Saint-Louis-des-Français, en l’église Saint-Louis-des-Français de Rome.

Monsieur l’Ambassadeur de France prés la République Italienne,

Madame l’Ambassadrice de France prés le Saint Siège,

Monsieur le Commissaire Général,

Mesdames, Messieurs,

Frères et Sœurs,

Partout en France, aujourd’hui, est célébré l’anniversaire de l’armistice qui mettait un terme à la première guerre mondiale le 11 novembre 1918 à 11h.

Les plaques posées dans les premières chapelles latérales à l’entrée de notre église nationale font mémoire des morts de la guerre de 14-18, mais également des morts de la guerre de 39-45, en particulier du sacrifice de ceux qui sont tombés durant la campagne d’Italie.

Le 2 novembre dernier, comme un certain nombre parmi vous, j’étais au cimetière français de Monte Mario où sont inhumés plus de 18OO soldats qui venaient de la Mère Patrie ou de ses colonies d’Afrique du Nord, et qui ont donné leur vie pour la liberté.

Durant la messe que célébrait le Pape François nous avons prié avec reconnaissance pour ces glorieux combattants.

En ce jour de mémoire, où nous prions pour tous les défunts, nous pensons tout particulièrement aux peuples qui vivent les drames des conflits et des guerres qui endeuillent notre monde actuel, où les pauvres sont les premières victimes.

Le 11 novembre, l’Eglise fête Saint Martin, évêque de Tours, qui vécut au 4° siècle, il fut d’abord soldat de l’armée romaine avant sa conversion à Amiens, puis devient moine, fondateur du monastère de Ligugé avant de devenir évêque.

Connu et reconnu pour sa charité légendaire, Sulpice Sévère, biographe contemporain de Saint Martin le décrivait ainsi : « Le visage rayonnant d’une joie venant pour ainsi dire du Ciel, il n’avait que le Christ sur ses lèvres, que la bonté, la paix et la miséricorde dans son cœur. Il ne jugeait personne, ne condamnait personne, ne rendait à personne le mal pour le mal. » 

Par sa sainteté il a contribué à évangéliser la Gaule, ce qui nous rappelle les racines chrétiennes de notre pays.

On peut dire que le fil conducteur de toute sa vie aura été la recherche de la paix dans la concorde.

L’histoire nous apprend que La paix ne peut advenir sans vérité, sans justice, sans liberté et sans pardon.

Saint Martin ayant fait la guerre en tant qu’officier durant 25 ans savait bien que l’ennemi ne pouvait se réduire à un adversaire qu’il fallait éliminer, et que c’était un homme avec ses souffrances, la fatigue, la faim, la soif, la peur, mais aussi son espérance et son attente de la paix.

L’humanité de Saint Martin partageant son manteau avec un pauvre en est une belle illustration.

Frères et Sœurs,

A la suite du Saint évêque de Tours nous devons faire tout ce qui est à notre portée pour que la paix progresse, à commencer par prier, parce que c’est par la prière que l’on obtient que « les cœurs de pierre deviennent des cœurs de chair. »

Si nous voulons la paix, commençons par la répandre autour de nous, en famille, en communauté et dans la cité.

La paix ne peut s’édifier que sur le respect de l’autre, et sur le souci constant de la justice sans laquelle aucune paix n’est possible, raison pour laquelle, elle doit être animée par une invincible espérance.

Tout cela requiert des convictions, des vertus, des renoncements et de l’abnégation sous-tendu par l’idéal du bien commun.

Dans nos sociétés en proie au matérialisme où l’individualisme est Roi,  nombreux sont ceux qui sont hantés par la recherche boulimique de biens matériels toujours plus abondants oubliant que le plus décisif pour l’avenir n’est pas d’accumuler toujours plus de moyens de vivre, mais que le plus important est d’avoir des raisons de vivre qui dépassent les intérêts personnels. Il s’ensuit que la menace qui pèse sur nos sociétés sécularisées est d’abord la menace du vide spirituel.

Le Christ est notre Espérance et notre paix ; le monde ne peut faire l’impasse sur le trésor que représente l’Evangile.

Au terme de son sermon sur la montagne, le Christ nous invite à construire notre maison « sur le roc ».

Ce roc, c’est la maison des hommes fidèles à la volonté de Dieu, qui construisent leur vie sur le roc inébranlable de la vérité, de l’amour, de la paix, de la sainteté.

En  laissant le Christ faire sa demeure en nous, Il nous guérit, Il nous relève et Il nous sauve de ces obstacles à la paix qui s’appellent : mépris des autres, égoïsme, haine et division.

La vie de Saint Martin est l’illustration de la chance inouïe que Dieu offre aux hommes de bonne volonté, celle de créer avec Lui un monde de paix qui sera le nôtre en même temps que le sien. A l’instar du saint évêque de Tours sachons saisir cette chance, c’est la grâce que nous demandons au Seigneur durant cette messe. AMEN

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