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Frères et Sœurs,

C’est au 17ème siècle que la dévotion à la Sainte Famille, en tant que telle, voit le jour, notamment au Canada. Cette dévotion basée sur les vertus familiales rencontre un succès qui va grandissant.

Plus tard, au 19ème siècle, cette dévotion connaît à nouveau un regain d’intérêt.

C’est en 1921 que le pape Benoît XV institue, pour l’Église universelle, la fête de la « Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph ».

Et c’est en 1969, avec la réforme liturgique, qui a suivi le Concile, qu’est fixée cette fête au dimanche dans l’octave de Noël.

Nous célébrons donc cette fête dans la lumière et l’émerveillement de la naissance du Fils de Dieu-Sauveur. La contemplation de la Sainte Famille de Jésus, avec Joseph et Marie est une source de joie incomparable, joie que l’on vient y puiser ou retrouver quand le besoin s’en fait sentir.

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En voyant briller les yeux des jeunes mariés devant leur enfant nouveau-né, nous comprenons mieux les sentiments de Joseph et de Marie qui regardant l’Enfant Jésus, ont perçu la présence de Dieu dans leur vie.

La Sainte Famille n’est pas seulement le modèle d’une famille idéale, mais bien plutôt un bel exemple des relations harmonieuses à vivre entre  membres d’une même famille.

S’il est vrai que la vie de famille passe par des renoncements et des souffrances, la famille, Dieu merci ne se réduit pas à cela. Elle est surtout un lieu de bonheur et l’une des joies de Dieu.

La sainteté de la famille, s’appuie sur la grâce du sacrement de mariage qui irrigue et soutient la vie spirituelle des époux pour les faire grandir dans leur amour, puisqu’ils sont appelés non seulement à exister l’un à côté de l’autre, mais l’un pour l’autre dans un don mutuel et dans une communion interpersonnelle qui se vit en étant attentif à lui, à elle, tout en étant à l’écoute des  signes que donne l’Esprit Saint pour vivifier et fortifier l’amour.

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Ceci étant il ne faut pas sous estimer l’action du malin qui veut toujours diviser. Il y a donc un combat spirituel à assumer avec la force de la prière et le secours des sacrements.

Frères et Sœurs,

L’Eglise conçoit le mariage comme l’institution qui unit un homme et une femme et qui donne un père et une mère à l’enfant qui naît de cette union.

Le mariage chrétien c’est un seul homme pour une seule femme pour toute la vie et pour donner la vie !

Reprenant une expression de Saint Jean Chrysostome, le Concile Vatican II appelle la famille « la petite église à la maison », « l’église domestique ».

Saint Jean Paul II n’a eu de cesse d’affirmer que « l’avenir de l’humanité passe par la famille », parce qu’elle est la cellule de base de la société et parce qu’elle est le lieu de réponse à l’appel universel de tout homme à la sainteté.

La famille est le lieu où nous apprenons à découvrir  l’autre pour le connaître, le comprendre et l’aimer.

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La famille est le lieu où nous faisons l’apprentissage de la vie en société qui se fonde sur le respect, la bienveillance et la droiture pour être accueilli par les autres et s’ouvrir aux autres.

Elle est le lieu où l’on apprend naturellement à pardonner, et rendre les autres heureux.

Frères et Sœurs,

Pour la première fois de son histoire, l’Eglise a béatifié  et canonisé des couples mariés au titre même de la sainteté de l’amour vécu dans le sacrement de mariage.

C’est ainsi que les parents de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, – Louis et Zélie MARTIN – ont été béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux et canonisés à Rome par le Pape François le 18 octobre 2015.                                                                              

En contemplant la vie des saints époux MARTIN, nous voyons qu’elle ressemble à celle de beaucoup de foyers d’aujourd’hui. 

Par leur vie ils témoignent que la famille est le creuset où l’homme découvre sa capacité d’être en relation, non comme un individu autonome qui se réalise seul, mais comme fils, fille, époux, épouse, parent.

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Louis et Zélie ont été des laïcs engagés dans la société de leur époque : lui tenait une boutique d’horlogerie, et un commerce d’orfèvrerie, aidant de surcroît son épouse et elle, elle dirigeait une entreprise de fabrication de dentelle. Tous les deux se sont investis avec constance et intelligence dans leur travail en respectant scrupuleusement les droits des ouvrières, comme les contrats avec les fournisseurs, et en observant toujours le repos dominical.

Louis et Zélie eurent une famille nombreuse, avec de grandes joies, ils ont donné naissance à neuf enfants malheureusement quatre sont morts en bas âge. Ils connurent aussi l’épreuve de la maladie pour eux deux.

Malgré tout ils n’ont pas succombé à la tentation de se replier sur eux-mêmes. Leur maison est restée toujours ouverte et accueillante à tous y compris aux pauvres.

Ils ont su donner à leurs cinq filles une éducation qui a favorisé la personnalité de chacune en leur inculquant le sens de l’effort et le goût de la prière par l’exemple d’une vie chrétienne rythmée par la messe quotidienne.

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Louis et Zélie avaient compris que la sainteté n’était pas autre chose que bien faire ce que l’on a à faire sous le regard de Dieu.

En ce sens on peut dire que la spiritualité de Sainte Thérèse puise ses racines dans celle de ses parents.

Frères et Sœurs,

En cette fête de la Sainte Famille demandons aux Saints Louis et Zélie MARTIN de nous obtenir la grâce de vivre ce qu’écrivait Saint Augustin à ses diocésains d’Hippone au 4ème siècle : « Aime et dis-le par ta vie ».

Amen

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