Année A, dimanche 4 octobre 2020

Suivre le Christ, lumière, dans les ténèbres de ce monde

Cette parabole des vignerons homicides est un appel à suivre le Christ « lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu » dont la mort sur la Croix aura été l’aboutissement d’une lutte acharnée du monde des ténèbres contre Lui.

Nous avons parfois tendance à oublier que la Passion n’a pas commencé le Lundi Saint mais autour de la crèche de Bethléem avec le massacre des Saints Innocents et la fuite en Egypte.

Alors que la mort du Christ est décidée en secret.

Une dernière fois, Jésus veut adresser un appel suprême au peuple et à ses chefs qui restent sourds. Il s’en suivra que le soin de la vigne bien aimée va passer à ceux qui ont cru que Jésus le Christ est le Messie annoncé.

Grâce au Christ, l’Alliance avec le premier peuple élu est élargie à toutes les nations. Mais elle n’est pas abolie pour autant.

Dieu ne reprend pas sa promesse car « le salut vient des juifs ». (Jn 4,22)

Le Christ avait annoncé que la vigne serait confiée aux pauvres et aux humbles, « Le royaume de Dieu leur sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits » nous dit l’Evangile.

Il ne s’agit pas du peuple païen opposé au peuple juif, mais du peuple des « petits » opposé au peuple des « sages et des intelligents ». (Mt 11,25)

L’histoire du salut en raccourci

Cette parabole des vignerons homicides, explique, en un raccourci saisissant, l’histoire du Salut – de Moïse à Jésus -, et nous donne la clef de l’histoire du monde dans son conflit avec l’histoire du Salut.

Si nous reprenons l’histoire de l’humanité il y a tout d’abord la révolte du Prince de ce monde, et de ses anges déchus.

Tenté par le serpent, l’homme veut se faire Dieu par la connaissance du Bien et du Mal, et il entend dominer le monde en maître absolu, au lieu d’en être le gérant au nom de Dieu.

Dès lors, l’homme n’écoutant que la voix de son orgueil repousse et persécute tout envoyé du Seigneur. Il croit ainsi triompher en se débarrassant du Fils de Dieu, Héritier et Maître de la Création.

C’est le péché des chefs d’Israël à diverses périodes, que ce soit à l’époque d’Isaïe, mais surtout à l’époque du Christ.

C’est le péché des tyrans qui tout au long de l’histoire se sont imposés par la violence en terrorisant les populations.

Pour ne parler que du 20ème siècle et de notre 21ème siècle ces dictateurs sanguinaires ont fait et font encore un nombre incalculable de victimes parmi lesquels tant de martyrs et de confesseurs de la Foi, comme aux premiers siècles de l’Eglise.

Ils nous rappellent que toute confession de Foi garde une saveur de martyre. Parce que choisir le Christ c’est se compromettre pour Lui.

En effet, même lorsqu’Il est déçu par sa vigne, Dieu ne désespère jamais d’elle.

Nous savons aussi que « le disciple n’est pas au dessus du Maître », et que par conséquent il est possible que nous connaissions la dérision, le mépris, la persécution sournoise et même violente.

C’est à ce moment-là qu’il faut nous souvenir des paroles du Christ : « La pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, c’est là l’œuvre du Seigneur, quelle merveille devant nos yeux ». (Mt 21, 42)

A la suite du Christ nous pouvons être ces pierres rejetées.

C’est l’expérience que fit Saint François d’Assise que nous fêtons aujourd’hui et qui nous sont relatées dans ses « fioretti » : quand il fut rejeté du couvent avec le frère Léon par le frère portier qui les prenait tous les deux pour des vauriens importuns. L’un et l’autre ne se départirent pas pour autant de la joie parfaite qui les habitait.

Pascal disait que « l’homme est un néant capable de Dieu ».

Cette parabole est une invitation à contempler Dieu qui, Lui, est toujours fidèle.

En effet, même lorsqu’Il est déçu par sa vigne, Dieu ne désespère jamais d’elle.

Pourtant, il nous arrive de refuser le Christ ou de nous éloigner de Lui, quand au lieu de vivre l’Evangile, nous recherchons des bonheurs illusoires, ou de choisir dans les paraboles ce qui nous convient, au lieu de nous laisser convertir par elles.

Apostolat et contemplation

Il nous arrive aussi de faire « la sourde oreille » aux paroles des prophètes d’aujourd’hui, parmi lesquels le Pape François, quand il interpelle le monde sur le drame que vivent les réfugiés contraints de quitter leur pays et à tenter leur chance ailleurs à cause de la misère, de la guerre, ou des persécutions.

D’autres prophètes non moins courageux s’élèvent pour proclamer que la vie est sacrée et pour défendre et promouvoir la famille comme cellule de base de la société, alors que selon l’expression de Saint Jean Paul II, la « culture de mort » se banalise.

Le Christ appelle chacun d’entre nous à s’impliquer dans la construction d’un monde pacifié, qui ne soit plus objet de violence, mais lieu de respect, de compréhension et de concorde.

Ne dit-on pas que le chrétien est celui qui regarde fidèlement le ciel tout en ayant bien les pieds sur terre.

Etre chrétien c’est s’engager dans l’Eglise et dans le monde et s’impliquer pour les siens, que ce soit dans les domaines de la famille, du travail, de la vie associative ou dans la cité, au service de leurs concitoyens.

En même temps, être chrétien c’est prier et rechercher d’un cœur contemplatif les choses d’en-haut.

En nous aimant les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour atteint en nous la perfection… c’est alors que sommes « disciples-missionnaires », en laissant transparaître la lumière de Dieu, par notre compréhension des êtres, faite de bienveillance, d’humilité, de bonté et de discrétion.

Evangélisation et sanctification

Saint François de Sales disait : « Ne parle du Christ que si on t’interroge, mais vit de telle manière que l’on t’interroge ».

C’est pourquoi nous ne pouvons séparer notre volonté d’évangéliser, de nos propres efforts pour approfondir et exprimer joyeusement notre Foi.

Au soir de notre vie, nous aurons à rendre compte de notre existence au Maître de la Vigne, c’est à dire :

  • De notre attachement au Christ et de notre fidélité à vivre l’Evangile des Béatitudes.
  • De notre égoïsme et de notre repli sur soi ou de notre ouverture aux autres et de notre dévouement pour le prochain.
  • De notre peu d’ardeur ou de notre zèle à promouvoir les valeurs qui fondent la dignité humaine pour le bien de tous.

Le mois d’octobre est le mois du Rosaire.

Demandons à la Vierge Marie que cette grâce qui est inséparablement celle de la Foi en Dieu, et de l’amour reçu de Dieu et vécu en vérité, nous soit offerte par le Christ dans la prière, parce que le cœur de la Foi c’est l’amour.

AMEN

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