Frères et Sœurs,
L’Evangile de Saint Marc est celui en compagnie duquel nous allons vivre une grande partie de l’année liturgique.
Saint Marc commence son Evangile par cette phrase : « Commencement de l’Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu ».
Des quatre Evangiles, le sien est le plus court !
Chacun des mots qu’il emploie dans cette phrase a son importance, il va toujours à l’essentiel, parce qu’il s’agit
de l’Evangile du Christ, Fils de Dieu.

Saint Marc veut que nous comprenions qu’une nouvelle phase de l’histoire du monde commence avec le Christ et que sa venue est un évènement considérable pour toute l’humanité, au point que désormais il y a un avant et un après Jésus Christ.

Quand Saint Marc rédige à Rome son Evangile à la demande de Saint Pierre, une trentaine d’années seulement se sont écoulées depuis la mort et la Résurrection du Christ.

Frères et Sœurs,
Depuis dimanche dernier nous sommes entrés dans le temps de l’Avent, période qui précède l’évènement prodigieux que nous allons célébrer à Noël :
l’Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie, venant en ce monde dans l’humilité et la pauvreté de la crèche de Bethléem.

L’Avent nous est donné chaque année pour aller à la rencontre du Christ qui vient.
Nous nous y préparons, dans la prière, dans la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, dans les sacrements, dans l’Eucharistie en particulier et dans la confession de nos péchés où nous faisons le point sur notre vie pour y rencontrer l’amour miséricordieux du Seigneur qui par le ministère du prêtre nous donne son pardon.
Nous faisons alors l’expérience que rencontrer le Christ, c’est être libéré, c’est être sauvé !

Nous rencontrons le Christ aussi dans le sacrement du frère, rappelons-nous les paroles de Jésus : « Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le ferez ». (Mat 25, 45).

Le Christ est Vivant, Il se donne à nous dans le pain de Sa Parole, et dans le Pain Eucharistique. Il y a dès lors une très belle synergie entre la dimension sacramentelle et les exigences éthiques de nos vies

Frères et Sœurs,
La pandémie du coronavirus, nous fait vivre dans un monde difficile où la tentation du découragement et du fatalisme nous guette.
Devant cette situation, et face à la confusion qui règne, sans doute nous nous interrogeons – pourquoi Dieu n’intervient-Il pas pour éradiquer ce virus qui met en danger la santé de l’humanité, et en péril l’économie provoquant une crise sociale présente et à venir aux conséquences dramatiques?

Comment comprendre la patience de Dieu ?
Ce n’est pas facile !
Mais d’abord comprendre que dans les moments d’épreuves, Dieu ne nous abandonne pas, Il nous accorde la grâce de faire l’expérience de la force de la prière, de la prière personnelle, de la prière en famille qui est « l’Eglise à la maison » et de la prière communautaire.
Comprendre la patience de Dieu demande de notre part une triple conversion :
Comprendre que Dieu patiente pour nous donner le temps de connaître notre vrai bonheur ;

Comprendre que Dieu patiente parce qu’Il ne peut pas réaliser ce monde pacifié sans nous ;

Comprendre que Dieu patiente pour donner à tous les hommes le temps de se convertir.

C’est d’ailleurs dans cette logique que dans l’Evangile, le prophète Jean-Baptiste nous interpelle comme ses contemporains : « préparez le chemin du Seigneur. Aplanissez la route. »
Il souligne une réalité mystérieuse qui conditionne notre avenir et celui du monde :

Nous ne pouvons pas nous convertir et faire aboutir valablement un monde plus respectueux de l’homme et de la création sans l’intervention de Dieu dans notre vie.
Mais réciproquement, Dieu tout-puissant ne peut pas faire aboutir ce monde nouveau sans nous. Pourquoi ?

Parce que Dieu nous respecte trop pour nous traiter comme des marionnettes dont Il tirerait les ficelles ;

Parce qu’un monde de justice et de paix ne peut s’établir définitivement que si le cœur de tous les hommes s’est converti à la justice pour promouvoir la paix des Béatitudes.

En attendant, le Bien et le Mal sont mélangés dans la société comme dans notre vie personnelle, tel le bon grain et l’ivraie dans la parabole du Royaume.
De ce fait, nous en supportons les conséquences.
Notre patience est mise à l’épreuve, elle n’est pas aussi grande que celle de Dieu …!
Ceci étant, c’est chacun d’entre nous qui est envoyé témoigner de l’Evangile.
Et nous montrons la présence cachée du Christ parmi nous dans la mesure où notre vie éclaire et confirme Sa Parole, c’est-à-dire dans cette condition de vérité et d’authenticité entre notre Foi et notre comportement.

Le Pape François dans son encyclique « La joie de l’Evangile » dit ce qu’est l’évangélisation : elle est « révélation de la joie, de cette joie que personne ne peut nous ravir : celle de l’amour du Christ qui comble nos vies ».
En témoignant de l’Espérance qui habite nos cœurs, nous annonçons la Bonne Nouvelle du Salut aux désespérés, aux cœurs brisés, à ceux qui ont soif de vivre plus que de survivre et qui veulent donner à leur existence un sens et un avenir au-delà du temps.

C’est à travers nous, que le Christ apporte la consolation aux affligés, aux pauvres, à tous ceux qui espèrent et qui attendent.
Malgré notre faiblesse et notre péché, le Christ nous propose toujours de faire sa demeure en nous.
Et nous grandissons dans son Amour et dans celui de nos frères sans toujours bien nous en rendre compte.

Ce que nous accomplissons nous paraît souvent bien dérisoire ; mais ce sont ces petites choses de la vie quotidienne comme un sourire, une parole aimable, une parole d’encouragement, un geste d’amitié… qui nous donnent la joie et la paix, et qui façonnent notre visage d’éternité.

Frères et Sœurs,
A travers la mort du Crucifié, la joie du Ressuscité reflue vers l’histoire des préparations du Salut, c’est ainsi que l’Avent prépare Noël, mais aussi que Noël est inséparable de Pâques !

La Nativité inaugure le « passage » de Dieu parmi nous, « l’Emmanuel » qui s’unit à l’homme pour que l’homme puisse à nouveau s’unir à Dieu.

Le temps de l’Avent est un temps d’intériorisation. Laissons-nous toucher et encourager par la persévérante confiance de la Vierge Marie. Elle prie pour nous « maintenant et à l’heure de notre mort », Elle est la Mère de la Sainte Espérance !

                                                     AMEN
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